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La DGSI remplace Palantir par le français ChapsVision

La DGSI abandonne l'américain Palantir pour le français ChapsVision. Un tournant de souveraineté du renseignement, sur fond de liens Thiel-Trump.


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La DGSI remplace Palantir par le français ChapsVision
L'essentiel en 30 secondes
  • Le 16 juin 2026, le Premier ministre annonce que la DGSI remplacera l'américain Palantir par le français ChapsVision.
  • Motif affiché : la souveraineté du renseignement, sur fond de liens entre Peter Thiel (Palantir) et l'administration Trump.
  • C'est une première : jamais la France n'avait remplacé une solution américaine de renseignement par une française.
  • Zones grises : montant du contrat non communiqué, bascule progressive d'ici 2026-2027.

C'est un signal politique autant que technologique. Le 16 juin 2026, à la veille de VivaTech, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé que la Direction générale de la sécurité intérieure abandonnerait Palantir, son outil d'analyse de données américain depuis 2016, au profit de la société française ChapsVision. Un tournant pour la souveraineté du renseignement.

01 · La décision

Un divorce à haute portée symbolique

La bascule est présentée comme irrévocable, avec un déploiement progressif jusqu'en 2026-2027. Elle intervient six mois seulement après que Palantir a annoncé, en décembre 2025, le renouvellement de son contrat pour trois ans. Jamais la France n'avait remplacé une brique américaine de renseignement par une solution nationale. Le message est clair : Paris ne veut plus dépendre d'un outil étranger pour ses données les plus sensibles.

02 · L'acteur français

ChapsVision, le champion de la donnée souveraine

Fondée par le polytechnicien Olivier Dellenbach, ChapsVision s'est bâtie par croissance externe autour d'Argonos, sa plateforme de traitement de données massives et hétérogènes enrichie par IA. L'entreprise, forte d'environ 600 salariés, a notamment racheté en 2023 le spécialiste du renseignement en source ouverte Owlint. Son positionnement : des données qui restent en France, sous droit français, à l'abri des lois extraterritoriales américaines comme le Cloud Act.

03 · Le contexteLa fenêtre de contexte : le nombre maximum de tokens qu'un modèle peut traiter en une seule requête (ex : 200k, 1M).

Pourquoi maintenant : l'ombre de Thiel et Trump

Nous ne pouvons pas accepter de nouvelles dépendances stratégiques dans le numérique.Sébastien Lecornu, Premier ministre

Le calendrier n'est pas neutre. Peter Thiel, cofondateur de Palantir, est proche de l'administration Trump. Début 2026, le président américain lui-même a acheté des actions Palantir et vanté publiquement l'entreprise, qui a décroché plus d'un milliard de dollars de contrats fédéraux depuis son arrivée. Confier le renseignement français à une société aussi liée au pouvoir américain posait un risque de souveraineté difficile à assumer. En creux, la crainte est qu'un partenaire puisse un jour « couper le robinet ».

04 · L'historique

Dix ans de dépendance

Le recours à Palantir remonte à 2016, dans le sillage des attentats de novembre 2015, pour un contrat initial d'environ 10 millions d'euros. Son logiciel Gotham, rebaptisé localement OTDH (outil de traitement des données hétérogènes), a traité pendant une décennie l'essentiel des données antiterroristes françaises : renseignements sur des citoyens, sources, techniques opérationnelles. C'est précisément ce périmètre ultra-sensible qui rendait la dépendance intenable à long terme, dans un cadre où la France pousse sa qualification « cloud de confiance » SecNumCloud.

05 · Les zones grises

Ce qui reste à confirmer

Prudence toutefois, sur un sujet par nature opaque. Le montant du contrat ChapsVision n'a pas été communiqué (les 655 millions d'euros parfois cités relèvent du programme France 2030 dans son ensemble, pas de ce seul marché). Le calendrier exact de bascule reste flou, entre fin 2026 et 2027. Et si l'on évoque d'autres administrations, aucune n'est nommée officiellement : le ministère des Armées, par exemple, n'a pas commenté sa propre dépendance. Enfin, la parité technique réelle entre Argonos et Gotham reste à démontrer. Ce dossier prolonge notre couverture de la souveraineté numérique française et de l'écosystème IA tricolore.

Sources

  • Maddyness, « ChapsVision remplace le géant américain Palantir auprès de la DGSI » (16 juin 2026)
  • L'Informaticien, « La DGSI remplacera Palantir par ChapsVision »
  • Solutions Numériques, « La DGSI prépare la sortie progressive de Palantir »
  • Intelligent Gov.tech, « ChapsVision selected by French State to deploy sovereign Argonos platform »
  • The Revolving Door Project, dossier sur les liens Peter Thiel / administration Trump

Questions fréquentes

Pourquoi la DGSI remplace-t-elle Palantir ?
Pour des raisons de souveraineté. Confier le traitement des données de renseignement à Palantir, société américaine dont le cofondateur Peter Thiel est proche de l'administration Trump, posait un risque d'ingérence via des lois extraterritoriales comme le Cloud Act. Le Premier ministre a annoncé le remplacement le 16 juin 2026.
Qu'est-ce que ChapsVision ?
C'est une société française fondée par le polytechnicien Olivier Dellenbach, forte d'environ 600 salariés. Elle édite Argonos, une plateforme de traitement de données massives et hétérogènes enrichie par IA, et a racheté en 2023 le spécialiste du renseignement en source ouverte Owlint. Son atout : des données hébergées en France, sous droit français.
Depuis quand la DGSI utilisait-elle Palantir ?
Depuis 2016, dans le sillage des attentats de novembre 2015, pour un contrat initial d'environ 10 millions d'euros. Le logiciel Gotham, rebaptisé OTDH en France, a traité pendant une décennie l'essentiel des données antiterroristes françaises.
Quand la bascule sera-t-elle effective ?
Le déploiement est annoncé comme progressif, entre fin 2026 et 2027. La décision est présentée comme irrévocable, mais le contrat Palantir resterait techniquement en vigueur pendant la transition. Le calendrier précis n'a pas été détaillé publiquement.
Combien coûte le contrat ChapsVision ?
Le montant n'a pas été communiqué. Les 655 millions d'euros parfois cités concernent l'ensemble du programme France 2030 dédié à l'IA, pas ce marché en particulier. Il faut donc rester prudent sur les chiffres avancés.
D'autres administrations sont-elles concernées ?
C'est évoqué mais non confirmé officiellement. Aucune autre administration n'a été nommée : le ministère des Armées, par exemple, n'a pas commenté sa propre éventuelle dépendance à Palantir. La seule certitude publique porte sur la DGSI.

Source : www.maddyness.com

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